L’Université comme moteur du changement

L'Université comme moteur du changement L'expérience pionnière de Bordeaux

AGHM

L’Université de Bordeaux ouvre une nouvelle voie en repensant le rôle des institutions académiques dans la société. Son projet ACT montre qu’une université peut être bien plus qu’un centre de formation et de recherche : elle peut devenir un véritable moteur du changement territorial et global.

RAQUEL ALONSO


Comment les universités peuvent-elles devenir des laboratoires vivants du changement sociétal ?

Depuis toujours, les universités sont perçues comme des temples du savoir, des institutions vouées à l’enseignement et à la recherche. Mais peuvent-elles aller plus loin ? Peuvent-elles devenir des acteurs du changement social et environnemental ? L’Université de Bordeaux répond à cette question avec un projet ambitieux : ACT (Augmented university for Campus and world Transition), une initiative qui transforme ses campus en un vaste laboratoire vivant où l’expérimentation et l’innovation se conjuguent pour répondre aux grands défis contemporains.

Pourquoi Bordeaux est-elle en train de devenir une référence en Europe ?

Alors que de nombreuses universités européennes s’interrogent sur leur rôle dans la société de demain, l’Université de Bordeaux a pris une longueur d’avance en développant ACT. Ce projet, doté d’un budget de 17 millions d’euros, vise à faire du campus un incubateur de solutions pour les transitions environnementales, sociales et économiques.

Les universités sont souvent perçues comme des entités isolées du tissu urbain et de la société qui les entoure. Bordeaux réfute cette idée en réinventant son campus comme un espace d’expérimentation grandeur nature, où chercheurs, étudiants, citoyens et entreprises collaborent pour tester des solutions innovantes face aux défis du XXIe siècle.

Comment transformer un campus en laboratoire vivant ?

L’approche de Bordeaux repose sur quatre grands axes :

  1. Santé, bien-être et inclusion : comment améliorer la qualité de vie sur les campus et dans les villes ?
  2. Campus durable dans la ville : comment une université peut-elle s’intégrer à son territoire en respectant l’environnement ?
  3. Alimentation et écosystèmes résilients : comment assurer une production et une consommation alimentaire durables ?
  4. Transition de l’université elle-même : comment adapter l’enseignement et la recherche aux défis de demain ?

Chacun de ces axes fait l’objet d’expérimentations concrètes et de projets collaboratifs, impliquant à la fois les universitaires et les parties prenantes extérieures.

Une approche interdisciplinaire : la clé de la réussite ?

L’université de Bordeaux ne se contente pas de juxtaposer des disciplines : elle les entrelace. Le projet ACT repose sur une approche interdisciplinaire combinant les sciences naturelles, humaines et sociales, et s’appuie sur l’analyse des données pour évaluer l’impact des actions mises en place.

Ce mélange des savoirs permet de développer des solutions plus pertinentes et adaptées à la complexité des enjeux actuels. Par exemple, un projet lié à la mobilité durable sur le campus ne se limite pas à une approche technique, mais inclut également des analyses sociologiques et des tests de terrain.

Quelles actions concrètes sont mises en place ?

Pour concrétiser cette vision, ACT se structure en plusieurs sous-programmes :

  • Projets d’innovation : impliquer activement les communautés universitaires dans la résolution des problèmes environnementaux et sociétaux.
  • Living Labs : transformer les campus en espaces d’expérimentation grandeur nature.
  • Programmes éducatifs : intégrer les enjeux de transition dans l’enseignement.
  • Recherche et innovation méthodologique : améliorer les outils et les méthodes de recherche.
  • Transformation numérique : utiliser la technologie pour optimiser la collecte et l’utilisation des données.
  • Rayonnement international : encourager les collaborations avec d’autres institutions à travers le monde.
  • Co-investissement : favoriser le financement participatif et le soutien d’investisseurs externes.

Ces initiatives font de l’Université de Bordeaux un modèle pour d’autres institutions qui cherchent à innover en matière de gouvernance et d’impact sociétal.

Quel impact sur l’enseignement et la formation des étudiants ?

Un des aspects les plus intéressants du projet ACT est son influence sur l’enseignement. Plutôt que de transmettre un savoir figé, il s’agit d’impliquer les étudiants dans des projets concrets, leur permettant d’acquérir des compétences pratiques et de se confronter aux réalités du terrain.

Les étudiants deviennent ainsi des acteurs du changement, en participant à des expériences menées sur le campus et en co-construisant des solutions innovantes. Cela leur offre une expérience unique et une immersion précieuse dans les enjeux réels des transitions écologique et sociétale.

Pourquoi un tel modèle n’est-il pas encore développé ailleurs ?

Malgré son succès, l’initiative ACT reste méconnue en dehors de la France. Pourtant, ce modèle pourrait être adapté à de nombreuses autres universités, notamment en Espagne et en Amérique latine, où les enjeux environnementaux et sociaux sont également pressants.

Un des freins à son adoption est la rigidité de certaines structures académiques, qui peinent à adopter des approches transversales et à sortir de leur logique disciplinaire. Cependant, à mesure que les défis mondiaux s’intensifient, il est probable que de plus en plus d’institutions suivent l’exemple de Bordeaux.

Vers une révolution universitaire ?

L’Université de Bordeaux ouvre une nouvelle voie en repensant le rôle des institutions académiques dans la société. Son projet ACT montre qu’une université peut être bien plus qu’un centre de formation et de recherche : elle peut devenir un véritable moteur du changement territorial et global.


RAQUEL ALONSO Experte en Relations Internationales et Projets https://www.linkedin.com/in/raquelalonsoalvarez/?locale=es_ES

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